
Au 13ème jour de course « Nouvelle-Calédonie » pointe à la 25ème place. Trois places de perdues lors de la nuit de jeudi et vendredi … avec une forte inquiétude du côté de ses proches. Pendant plus de 12 heures, notre cagou avait perdu le cap. Sa trajectoire était incohérente, sa vitesse était de 1,5 nœuds, alors que les copains filaient à plus de 6 nœuds.
Le routeur météo et l’organisation contactés, plusieurs hypothèses étaient avancées. Le rassurant problème de positionnement satellite vite abandonné, son préparateur, Philippe Bard nous confiait "ça sent l'orage super violent". Un pronostic fort probable, cet incident s’est produit au niveau de la ligne de convergence intertropicale, dans le pot au Noir, au cœur d’une zone météo très instable. Mathilde Ingrassia sa compagne, qui l’ « accompagne » très activement depuis le début du projet nous confiait « ça y est j'ai la boule au ventre!!! alors que jusqu'à présent, j'étais plutôt détendue... »
Un guerrier apte à réparer
Problème de pilote automatique, casse matérielle, grosse fatigue après plus de 10 jours de mer très tactiques : nous connaîtrons le fin mot … à Bahia. Aujourd’hui Antoine Rioux file de nouveau à près de 5 nœuds dans 6 nœuds de vent. Aux prises avec une vaste zone déventée, il se démène à grands coups de virements de bords et contre bords pour préserver un semblant de vitesse dans le flux minimaliste venue de l'est. Sa patience, comme celle de ses adversaires, est visiblement mise à rude épreuve.
Qu’importe notre cagou sait pourquoi il est là… et gageons que face à ces difficultés, sa motivation ne soit que consolidée. A Madère, avant de reprendre la mer, il déclarait « tant que le bateau peut faire route, même endommagé et avançant à basse vitesse, je ferais route… » Depuis plus de deux ans, Antoine Rioux nous a prouvé qu’il avait une âme de « combattant ». Qu’il était un « guerrier » aux nombreux atouts : il est l’un des rares marins engagés à avoir construit de ses mains son prototype… Si la casse n’est pas irrémédiable, il est l’un des plus compétents pour réparer.
Info du jour : Antoine dispose de 23 jours de nourriture, de 5 jours complémentaires à base de barres énergétiques « nourrissantes et franchement pas appétissantes », d’un leurre et d’une ligne de pêche.
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