| L’Atlantique au bout de l’étrave |
| Lundi, 25 Mai 2009 22:09 |
Après l’Espagne, direction l’Irlande. Le Défi calédonien s’élance cette nuit pour le dernier volet de sa qualification pour la Transat 6,50 : 1 000 milles en solitaire face à lui même.
Credit photo: Pierrick Garenne/GPO Il quitte Camaret cette nuit, doit naviguer sud ouest pour contourner l’Ile de Ré, avant de filer plein Nord pour rejoindre un bateau au sud-est de l’Irlande, et enfin redescendre plein sud pour retourner à la case départ : Camaret-sur-mer en Bertagne. 1000 milles qualificatifs, mille milles qu’Antoine Rioux et son prototype calédonien doivent boucler en solitaire et sans escale. Cette dernière étape qualificative devrait durer entre 8 et 10 jours. Une arrivée sans casse serait synonyme de qualification pour la Transat 6,50, entre La Rochelle en France, et Salvador de Bahia au Brésil. Ce premier rêve est au bout de l’étrave du Défi calédonien ! Son mât dans l’eau, il réduit la voilure« Je fais cette qualification comme si j’étais en course. L’objectif est d’apprendre sur le bateau et sur moi-même. Un routeur météo me donne des infos toutes les 48 heures. Je peaufine les réglages et cherche toujours le mode d’emploi de ce bateau qui fonctionne bien ». Il y a dix jours , Antoine a participé au Mini Pavois de La Rochelle. Une course avec escale sur 5 jours. L’objectif est atteint. Un abandon aurait été quasiment synonyme de rêve brisé. « La première nuit, il y a eu beaucoup de vent. J’ai fait un départ à l’abattée sous spi et sous pilote automatique. Le mât était dans l’eau. Par précaution, j’ai réduit la voilure et navigué sous génois à 8 nœuds, alors que les copains filaient à 15. » Ensuite le vent a faibli et Antoine a ralenti. « Le Défi calédonien est un bateau puissant, son point faible est le petit temps.» . A l’arrivée , Antoine se classe donc 24éme de la classe proto. Il double 18 bateaux dans la nuit« Psychologiquement, c’est dur d’être derrière. Ce n’est pas mon objectif, mais j’accepte car j’en découvre chaque jour un peu plus pour faire avancer ce prototype. Les marins qui sont devant connaissent en général leur bateau depuis 2 à 3 ans. Là où moi je perds 15 à 30 mn à trouver le bon réglage, eux l’ont d‘instinct. C’est plus qu’une question de travail et de temps ». Antoine est un « guerrier ». Il ne veut pas faire de la figuration. Après 5 jours de course, alors qu’à bord de tous les bateaux, la fatigue se fait sentir, l’alchimie entre Antoine et son « Défi calédonien » commence à se faire sentir. Une complicité naissante qui permet à notre cagou de remonter 18 places dans la dernière nuit et de terminer, 20e proto et 34e au général lors de cette étape. Cagou contre cargo« Bien sûr que j’ai le ventre serré. J’ai pris les deux derniers départs plié en 4, car lors de ces courses qualificatives, l’erreur coûte très cher. ». Antoine a donc joué de prudence, notamment lors d’une manœuvre catastrophe à la Pointe Bretagne, il a du éviter un cargo qui n’avait pas souhaité pousser sa barre de quelques degrés. Ce type de péripéties n’est pour Antoine que de simples anecdotes. Sa mission est aujourd’hui de naviguer, de se qualifier et de continuer à dompter sa puissante monture. Trois semaines après son retour à Camaret, il devrait participer au Mini Fastnet, puis au UK Fastnet. Des courses dans lesquelles Antoine s’engagerait soulagé et dans un nouvel état d’esprit…celui d’un homme qualifié pour la Transat 6.50, une course mythique qui aura profondément marqué Yves Parlier, Loïc Peyron, Ellen Mac Arthur, Isabelle Autissier, Marc Thiercelin et tant d’autres. Grâce au tracking satellite, suivez en temps réel Antoine lors de sa qualification. |









