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| Antoine arrive à Salvador de Bahia au Brésil |
| Dimanche, 01 Novembre 2009 22:42 | ||
Antoine Rioux, le skipper du Défi Calédonien a finalement rejoint Salvador de Bahia au Brésil, à bord du bateau accompagnateur « Solo », l’ancien maxi 60 pieds avec lequel Jean Yves Hasselin avait couru le Vendée Globe. Victime d’une fatale voie d’eau après un choc avec un OFNI (objet flottant non identifié), il a été contraint d’abandonner le prototype « Nouvelle Calédonie » au milieu de l’Atlantique.
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| Photo prise en mer 2 jours avant le problème. |
Dans quel état d’esprit étais-tu ?
Je suis monté à bord du radeau gonflé et j’ai coupé le bout qui me retenait au prototype et je ne me suis plus retourné. Je n’ai pas voulu le voir sombrer. Je ne pouvais tourner la tête. Il fallait regarder devant, se transporter dans un futur positif ou l’enfer que je vivais devenait une expérience constructive.
C’était insupportable d’abandonner. J’avais fait le plus dur. Le pot au noir était derrière nous. Les virements de bord incessants touchaient à leurs fins… j’allais surfer jusqu’au Brésil. J’étais en forme et décidé. Neptune en a voulu autrement.
A bord du bateau accompagnateur, qu’as-tu fait ?
Le skipper a été parfait. L’équipage a été chouette. Ils avaient toujours les mots justes me poussant à voir de l’avant. A bord du bateau, il y avait les parents de François Cuinet, qui cette année a terminé à la 5ème place en prototype. Il y a deux lors d’un convoyage leur fils a également dû abandonner un bateau qui a coulé. Il avait alors dérivé dans des conditions épouvantables pendant 9 jours dans son radeau de survie. Dans mon malheur, j’étais en vie et en sécurité.
Qu’envisages-tu pour la suite ?
C’est sûr, je veux « remonter à cheval ». Je me suis éclaté pendant cette course, nous avancions bien. Jamais, au grand jamais, je ne me suis dit que la Mini Transat ou la course hauturière n’était pas fait pour moi. Bien au contraire. Jusqu’à ce fameux « Bang », c’était du pur plaisir. Je veux repartir sur un autre projet. Sur quel support ? Il faut bien réfléchir. Je dois en discuter avec mes partenaires. Mais le cagou doit continuer de voguer. Je le sentais fier surfant sur l’Atlantique.
Quel est ton meilleur souvenir ?
Ils sont nombreux. Mais c’est peut être la descente sous spi du Cap Vert au Pot au Noir. Nous étions plusieurs bateaux à vue pendant près de 3 jours. C’était épuisant mais motivant.
Après, je crois avoir beaucoup appris, sur la gestion de la course, du stress et de moi-même. Savoir gérer les options, en ayant peu d’infos, tout en restant lucide. J’ai appris à ne pas être extrémiste dans mes choix tactiques, mais plutôt à mener une course hyper dynamique… à changer de voile très régulièrement, afin de mettre vraiment le charbon.
Après les mauvais souvenirs sont également très enrichissants. A l’entrée du pot au noir de nuit, je suis rentré dans un énorme grain. Il y a avait tellement de vent, que je subissais, les trombes d’eau qui te fouettaient la peau. Tu passes du prés au portant en quelques instants…c’est instable, mais toi, tu dois garder ta trajectoire. Au deuxième jour dans ces conditions, je suis entré dans une rue de nuages…et là pendant 24h, j’ai glissé sous spi.
Que retiens-tu de toute cette aventure ?
Je me sens désolé. Désolé pour mes partenaires et toutes les personnes m’ayant soutenues et accompaganées. Je suis déçu. Je voulais amener le cagou au Brésil. Je me suis battu pendant plus de 2 ans pour mener ce projet sur la ligne de départ. Ce bateau nous l’avons imaginé, dessiné, construit. Nous l’avons essayé, modifié, amélioré. Le prototype calédonien était compétitif… il devait aller au bout. Mais un Ofni a croisé sa route. Il y a deux ans un autre bateau avait coulé dans des conditions semblables. Cette année, ça tombe sur nous. Il ne faut pas se morfondre. C’est dur, peut être injuste, mais c’est la vie. Dans quelques mois j’aurais 30 ans. Je suis en forme, motivé, je me connais de mieux en mieux et je ne m’arrêterais pas en si bon chemin.
Ce projet est-il en échec ?
Je ne crois pas, il est en moi. Il est en nous. Je suis de retour à Nouméa mi-décembre, juste après le Salon Nautique de Paris et je vous promets que nous repartirons ensemble pour de belles et nouvelles aventures.
C’était insupportable d’abandonner. J’avais fait le plus dur. Le pot au noir était derrière nous. Les virements de bord incessants touchaient à leurs fins… j’allais surfer jusqu’au Brésil. J’étais en forme et décidé. Neptune en a voulu autrement.
A bord du bateau accompagnateur, qu’as-tu fait ?
Le skipper a été parfait. L’équipage a été chouette. Ils avaient toujours les mots justes me poussant à voir de l’avant. A bord du bateau, il y avait les parents de François Cuinet, qui cette année a terminé à la 5ème place en prototype. Il y a deux lors d’un convoyage leur fils a également dû abandonner un bateau qui a coulé. Il avait alors dérivé dans des conditions épouvantables pendant 9 jours dans son radeau de survie. Dans mon malheur, j’étais en vie et en sécurité.
Qu’envisages-tu pour la suite ?
C’est sûr, je veux « remonter à cheval ». Je me suis éclaté pendant cette course, nous avancions bien. Jamais, au grand jamais, je ne me suis dit que la Mini Transat ou la course hauturière n’était pas fait pour moi. Bien au contraire. Jusqu’à ce fameux « Bang », c’était du pur plaisir. Je veux repartir sur un autre projet. Sur quel support ? Il faut bien réfléchir. Je dois en discuter avec mes partenaires. Mais le cagou doit continuer de voguer. Je le sentais fier surfant sur l’Atlantique.
Quel est ton meilleur souvenir ?
Ils sont nombreux. Mais c’est peut être la descente sous spi du Cap Vert au Pot au Noir. Nous étions plusieurs bateaux à vue pendant près de 3 jours. C’était épuisant mais motivant.
Après, je crois avoir beaucoup appris, sur la gestion de la course, du stress et de moi-même. Savoir gérer les options, en ayant peu d’infos, tout en restant lucide. J’ai appris à ne pas être extrémiste dans mes choix tactiques, mais plutôt à mener une course hyper dynamique… à changer de voile très régulièrement, afin de mettre vraiment le charbon.Après les mauvais souvenirs sont également très enrichissants. A l’entrée du pot au noir de nuit, je suis rentré dans un énorme grain. Il y a avait tellement de vent, que je subissais, les trombes d’eau qui te fouettaient la peau. Tu passes du prés au portant en quelques instants…c’est instable, mais toi, tu dois garder ta trajectoire. Au deuxième jour dans ces conditions, je suis entré dans une rue de nuages…et là pendant 24h, j’ai glissé sous spi.
Que retiens-tu de toute cette aventure ?
Je me sens désolé. Désolé pour mes partenaires et toutes les personnes m’ayant soutenues et accompaganées. Je suis déçu. Je voulais amener le cagou au Brésil. Je me suis battu pendant plus de 2 ans pour mener ce projet sur la ligne de départ. Ce bateau nous l’avons imaginé, dessiné, construit. Nous l’avons essayé, modifié, amélioré. Le prototype calédonien était compétitif… il devait aller au bout. Mais un Ofni a croisé sa route. Il y a deux ans un autre bateau avait coulé dans des conditions semblables. Cette année, ça tombe sur nous. Il ne faut pas se morfondre. C’est dur, peut être injuste, mais c’est la vie. Dans quelques mois j’aurais 30 ans. Je suis en forme, motivé, je me connais de mieux en mieux et je ne m’arrêterais pas en si bon chemin.
Ce projet est-il en échec ?
Je ne crois pas, il est en moi. Il est en nous. Je suis de retour à Nouméa mi-décembre, juste après le Salon Nautique de Paris et je vous promets que nous repartirons ensemble pour de belles et nouvelles aventures.
Credit photo : Olivier Blanchet









